Laboratoires P4 et confinement

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Newsletter 51 – Décembre 2021

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L’étape ultime de l’éradication

L’ultime étape du plan final de l’éradication mondiale de la poliomyélite consistera à confiner tous les poliovirus. La mise en place de normes de qualité conforme aux exigences des critères de la certification finale, concernera le confinement et sera appliquée au sein de laboratoires de type P4.

La mise en place de la procédure de confinement de tous les Poliovirus sera dépendante de deux conditions :

  • Réduire le nombre de sites de stockage et de manipulations de toutes les souches des poliovirus
  • Mettre en œuvre des précautions adéquates de surveillance pour assurer sur le long terme le confinement de tous les agents pathogènes de la poliomyélite.

Laboratoires P4 et dangerosité

Le grand public a découvert en janvier 2019, l’existence des laboratoires P4 dans le monde. Au cœur d’une polémique médiatique planétaire, le laboratoire P4 de Huang a été mis en cause dans l’origine de la pandémie liée au SARS Cov2 et responsable de la COVID 19. Un audit scientifique dépêché par les hautes autorités de l’OMS a totalement blanchi les scientifiques chinois. Cependant la dangerosité potentielle de telles infrastructures mérite toute notre attention.

Un peu d’histoire

C’est en 1984 qu’apparait pour la première fois la classification P4. Il s’agit en fait de laboratoires renfermant des germes pathogènes très virulents, de classe 4. Le sigle BSL 4 est également utilisé chez les anglo-saxons : BioSafety Level 4. Ces agents de classe 4 sont caractérisés par leur haute dangerosité entrainant un taux de mortalité élevé en cas d’infection, ainsi que l’absence de traitement médical efficace et la transmission possible par aérosols. La protection maximale pour manipuler ces germes est désignée par le sigle NSB4 (niveau de Sécurité Biologique 4).

En 1967, est survenu à MARBOURG (Allemagne de l’Ouest) un grave accident de laboratoire qui a choqué la communauté scientifique. Des chercheurs de la société Behring, ont ainsi été infectés par le virus Marburg proche du virus Ebola entrainant le décès de 7 chercheurs sur un total de 31 contaminés.

La création des laboratoires P4 semble être la conséquence directe de ce grave accident. L’un des premiers laboratoires P4 fut financé par le CDC Américain ( Center for Disease Control) à Atlanta. Les Etats Unis comptent actuellement 6 laboratoires P4 : 4 civils et 2 militaires.

Spécificités des laboratoires P4

Les laboratoires P4 de sécurité maximale présentent 2 grandes spécificités :

  • Ils sont totalement hermétiques avec de nombreux sas de décontamination et de portes étanches, tous les effluents liquides sont décontaminés chimiquement et stérilisés à la vapeur.
  • Des systèmes de sécurité incendie adaptés avec injection d’un gaz inerte pour réduire l’oxygène. Ces laboratoires offrent une sécurité maximale pour les chercheurs travaillant dans leur enceinte.

Douche pour le personnel accrédité, scaphandre sous pression positive, surveillance par caméra du
personnel, douche du scaphandre au Phenol à la sortie. Ces laboratoires sont situés dans des zones
protégées afin de ne pas exposer les habitants au risque accidentel ou terroriste.

Les laboratoires P4 en France

La France possède sur son territoire 3 laboratoires P4 : 1 civil et 2 militaires

  • Laboratoire P4 Jean MERIEUX de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale à LYON.
  • Laboratoire P4 de l’institut de recherche biomédicale des armées SSA (Service de santé des armées) à Brétigny-Sur-Orge.
  • Laboratoire P4 de la DGA (Direction Générale des Armées) à Vert-Le-Petit (Essonne).

Le laboratoire Jean MÉRIEUX

Créé en 1999 par la fondation MERIEUX, le laboratoire P4 Jean MERIEUX de Lyon est une unité de haute sécurité dédiée à la recherche sur les germes pathogènes de type 4. Il est sous la responsabilité de l’INSERM depuis 2005.

C’est dans ce laboratoire qu’a été identifié, par une équipe de l’institut Pasteur en mars 2014, la souche du virus Ebola responsable de l’épidémie en Afrique de l’ouest. Bel exemple de partenariat public-privé.

On dénombre actuellement une quarantaine de laboratoires P4 dans le monde.

Des procédures de transport d’échantillons hautement pathogènes ont été établies avec RESAOLAB, l’Institut Pasteur, l’INSERM et BIOPORT. Gageons que les scientifiques Français seront au rendez-vous lors de l’ultime étape du confinement des poliovirus.

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DPG
Dr Patrice GADROY
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