Newsletter 59

Comme chaque année en Avril, la DGS (Direction Gouvernementale de la Santé) a publié le nouveau calendrier vaccinal. Deux nouvelles recommandations de la HAS (haute autorité de la santé) font leur entrée dans ce calendrier.
- La vaccination contre les Rotavirus est désormais recommandée et remboursée chez tous les nourrissons âgés de 6 semaines à 6 mois selon 2 schémas possibles : 2 doses à 2 et 3 mois avec le vaccin ROTARIX ou 3 doses à 2, 3 et 4 mois avec le vaccin ROTATEQ. Ces vaccins sont administrés par voie orale.
Le Rotavirus est la cause la plus fréquente des gastroentérites virales, tout particulièrement des formes sévères de diarrhée avec déshydratation chez les enfants jusqu’à 2 ans. Durant la saison épidémique (habituellement de Décembre à Avril), près d’un cas sur 2 de diarrhée aigüe chez l’enfant est causé par le Rotavirus. Ce phénomène intervient au même moment que la recrudescence des bronchiolites, ce qui entraîne chaque année une saturation des urgences pédiatriques. En France, les Rotavirus sont responsables chaque année de 20 000 hospitalisations, les décès étant devenus exceptionnels.

Depuis plus de 15 ans, l’OMS recommande l’ajout des vaccins contre le Rotavirus dans tous les programmes nationaux de vaccination. 127 pays les ont inclus dans leur programme de vaccination dont la plupart des pays développés. En Europe, 28 pays les ont introduits depuis plus de 10 ans et début 2022, seuls 10 pays dont la France ne les avaient pas encore recommandés alors qu’ils avaient fait la preuve de leur efficacité diminuant de plus de 80% les gastroentérites et les hospitalisations liées à ces virus.
- La vaccination contre la grippe saisonnière est désormais ouverte aux enfants à partir de l’âge de 2 ans de préférence avec le vaccin intranasal tétravalent FLUENZ TETRA, mieux accepté par les enfants. Malheureusement, il semble qu’il ne sera pas disponible en France pour la prochaine saison épidémique contrairement à beaucoup de pays développés. Il faudra donc utiliser les vaccins injectables classiques.
Rappelons que l’année 2022 a été marquée par :
- La recommandation de vacciner les femmes enceintes contre la coqueluche au cours de chaque grossesse dans le but de réduire les formes sévères, les hospitalisations et les décès liés à la coqueluche qui surviennent essentiellement chez les nourrissons de moins de 6 mois. Cette vaccination des femmes enceintes assure ainsi une protection passive et transitoire du nouveau-né et du jeune nourrisson grâce au transfert actif transplacentaire des anticorps maternels.
Les données recueillies à l’étranger depuis plus de 10 ans démontrent l’efficacité de cette vaccination de la femme enceinte : diminution de 80% des hospitalisations et de 95% de la mortalité par coqueluche des nourrissons au Royaume-Uni.
La vaccination est recommandée à partir du 2ème trimestre. Elle est nécessaire à chaque grossesse quel que soit le statut vaccinal de la mère. En effet, le taux d’anticorps maternels baisse au bout de quelques mois et leur concentration devient insuffisante pour assurer une protection passive des nourrissons lors d’une nouvelle grossesse. Sans vaccination durant la grossesse, la stratégie du cocooning (vaccination de l’entourage du nouveau-né), qui était en vigueur jusqu’à présent, reste nécessaire.
- La recommandation de vacciner les nourrissons à partir de 3 mois contre les méningocoques du sérogroupe B qui sont aujourd’hui la cause la plus fréquente de méningite bactérienne dans notre pays (85% des cas avant 1 an). Le large usage de cette vaccination au Royaume-Uni, en Italie et au Portugal depuis 2014 a entrainé une réduction de l’incidence comprise entre 60% et 80%.
- En ce qui concerne la COVID-19 et la variole du singe, les recommandations et les vaccins disponibles étant amenés à évoluer, il est recommandé aux professionnels de santé de consulter régulièrement le site du ministère de la santé et de la prévention et le site de l’HAS.
Par ailleurs, le nouveau calendrier vaccinal acte la récente prise de parole du Président de la République sur la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) chez les adolescents. Dès la rentrée 2023, le vaccin sera proposé gratuitement aux élèves des classes de 5ème. Pour rappel, la vaccination anti-HPV qui se fait avec 2 doses (avant 15 ans) ou 3 doses (après 15 ans) est recommandée chez les adolescents filles et garçons entre 11 et 14 ans avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans et même jusqu’à 26 ans pour les hommes homosexuels. Ceci devrait permettre d’améliorer le taux de couverture vaccinale qui varie entre 38% et 57% chez les filles selon les régions.
- Au-delà des recommandations, le nouveau calendrier vaccinal évoque l’extension des compétences vaccinales des professions paramédicales.
Enfin, il faut rappeler que l’introduction au 1er Janvier 2018 de l’obligation vaccinale avant 18 mois pour 11 maladies confirme sa pertinence. En 2021, on constate une amélioration de la couverture vaccinale :
Taux de 90% pour la 3ème dose du vaccin contre l’hépatite B
91% pour la 2ème dose du vaccin contre le pneumocoque
93% pour la première dose de ROR
91% pour le vaccin contre le méningocoque C (35% en 2017)
95% pour le vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la polio
Au total, des données réconfortantes alors qu’un rapport de l’UNICEF montre une perte de confiance dans les vaccins de 11,5% en France entre 2019 et 2021.

Dr Jean-Philippe ROSE
Rotary Charleville
District 1670 - Coordinateur PolioPlus 2019-2024
Région 14 polio - Responsable épidémiologie et auteur des flash info







