Histoire de la vaccination, 2ème partie

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Newsletter 49

Newsletter 49 – Juillet 2021

Polio-France

Réflexions sur France Polio GLIP

L’immunité de groupe, seul moyen pour éradiquer la maladie

Histoire de la vaccination, 2ème partie

Les timbres et la polio

Entre 1920 et 1926, les vaccins contre la tuberculose, la diphtérie, et le tétanos sont mis au point.

La Tuberculose

Dès 1890, Robert Koch avait cru découvrir un traitement contre la tuberculose avec la tuberculine. La tuberculine reste aujourd’hui un outil de diagnostic mais n’a jamais été un traitement efficace contre la tuberculose.

La tuberculose représentait à l’époque le fléau le plus redouté et la recherche se poursuivit aussi bien en France qu’en Allemagne. L’agent de la tuberculose bovine, Mycobacterium bovis, peut induire la tuberculose chez l’homme et il est utilisé dans l’espoir de mettre au point un vaccin contre la tuberculose humaine. Aussi bien Emil Von Behring en Allemagne que les élèves de Pasteur suivent cette voie de recherche.

Bacille Calmette et Guérin – BCG

Albert Calmette

En 1895, le bactériologiste Albert Calmette prend la direction du nouvel Institut Pasteur de Lille et il est rejoint dans ses recherches sur la tuberculose par le vétérinaire Camille Guérin. La guerre interrompt leur activité et ils reconstituent leur équipe en 1919 à l’Institut Pasteur de Paris. Ils atteignent leur but en mettant au point une souche de Mycobacterium Bovis dont la virulence a été atténuée par de la bile de bœuf en 1921. Le BCG (bacille de Calmette et Guérin) est né. C’est surtout à partir de 1924, que se développe la vaccination, dans les dispensaires et également pour les nouveau-nés dans les maternités parisiennes. Très rapidement, beaucoup de pays européens adoptent le BCG.

Camille Guérin

Le BCG largement utilisé après la 2de Guerre mondiale

En 1930, éclate le drame de LUBECK. 72 enfants décèdent après avoir été vaccinés par le BCG. Le vaccin préparé sur place a été contaminé accidentellement à la suite d’une erreur de manipulation. Il en résulte une méfiance vis-à-vis du BCG d’autant que celui-ci ne confère qu’une immunité partielle, protégeant le sujet vacciné avant tout contre les formes graves de la maladie. Il ne sera largement utilisé qu’après la seconde guerre mondiale en France et en Europe, certains pays le boudant, en particulier les USA.

La Diphtérie et le Tétanos

Les anatoxines

Dès la fin du XIXème siècle, les scientifiques démontrent que ce sont les toxines secrétées par les bacilles de la diphtérie et du tétanos qui rendent ces maladies redoutables. Ils découvrent également comment le corps se protège des maladies infectieuses en fabriquant des anticorps. Ceci ouvre la voie à la production de vaccins contenant des anatoxines c’est-à-dire des toxines ayant perdu leur pouvoir de nuisance tout en entraînant une production d’anticorps protecteurs.

Le vaccin contre la diphtérie

Gaston Ramon met ainsi au point le vaccin contre la diphtérie en 1923 et le vaccin contre le tétanos en 1926. En 1925, il découvre l’effet adjuvant de certaines substances qui augmentent l’efficacité du vaccin en amplifiant la production d’anticorps. En 1926, l’anglais Alexander Glenny montre les propriétés adjuvantes des sels d’aluminium qui vont être largement utilisés jusqu’à nos jours dans la fabrication de beaucoup de vaccins.

Gaston Ramon

1930 – 1960 : Développement des vaccins anti-viraux et des vaccins combinés

Les vaccins antiviraux

Des progrès dans les méthodes de culture des virus permettent l’émergence de plusieurs vaccins antiviraux. On passe ainsi d’une culture sur des œufs, sur des embryons de poulet ou des tissus d’animaux vivants à des techniques de culture cellulaire en milieu synthétique. En 1932, est mis au point un vaccin contre la Fièvre Jaune.

UN ÉVÉNEMENT POLITIQUE VA FAVORISER LA MISE AU POINT D’UN VACCIN CONTRE LA POLIOMYELITE

En cette même année 1932, le démocrate F.D. ROOSEVELT est élu président des Etats-Unis. Les Américains découvrent en janvier 1933 que leur nouveau président doit s’appuyer sur deux collègues pour prêter serment. Il est atteint par la poliomyélite. Le pays, à l’époque, est touché par une épidémie importante. Le fait que le président soit touché par cette maladie met en lumière celle-ci et va entrainer le développement de la recherche pour mettre au point un vaccin. Quelques années plus tard, ironie de l’histoire, on découvrira que Roosevelt était en fait peut-être affecté par l’autre cause importante de paralysie flasque aigüe, le syndrome de Guillain-Barré.

Jonas Salk – Premier vaccin contre la Polio

C’est l’équipe de Jonas Salk qui va mettre au point le premier vaccin contre la polio. En 1944, il avait déjà créé le premier vaccin efficace contre la grippe. Pour ses recherches sur la polio, il bénéficie des nouvelles techniques de cultures cellulaires grâce à l’aide involontaire d’une compatriote.

Les lignées cellulaires HeLa

Henrietta Lacks

En 1951, Henrietta Lacks, une afro-américaine vivant en Virginie, est touchée par un cancer du col utérin très invasif. Elle est soignée à l’Hôpital Johns Hopkins où un médecin prélève 2 échantillons de la tumeur sans son accord. Malheureusement, elle décède rapidement et son mari refuse tout prélèvement post-mortem.

Or les cellules cancéreuses d’Henrietta se révèlent avoir la particularité inédite de se multiplier sans limite lorsqu’elles sont placées dans de bonnes conditions : ce sont les cellules HeLa qui constituent les premières cultures cellulaires utilisées largement pour comprendre une multitude d’infections virales et qui vont permettre à Jonas Salk de finaliser la mise au point du vaccin contre la poliomyélite. Il faudra attendre 1976 pour que le lien entre les lignées cellulaires HeLa et Henrietta Lacks soit porté à l’attention du public.

Un vaccin injectable

En 1952, Jonas Salk met au point un vaccin injectable contre la polio. Il s’agit d’un vaccin tué. Ce sont des particules virales qui entraînent au niveau sanguin la production d’anticorps protecteurs. Ce vaccin commencera à être utilisé en 1955 après avoir été testé sur 1,8 millions d’américains volontaires.

Jonas Salk
Albert Sabin

Un vaccin par voie buccale

En 1960, un autre savant américain, Albert Sabin, met au point un vaccin vivant atténué administré par voie buccale. Celui-ci entraîne la production d’anticorps au niveau intestinal. C’est ce vaccin qui est utilisé dans l’Initiative Mondiale d’Eradication de la Poliomyélite.

Deux vaccins pour tous

Les deux savants refuseront de faire breveter leurs vaccins afin qu’ils puissent être largement fabriqués et utilisés partout dans le monde.

Durant la même période sont mis au point des vaccins combinés

Il s’agit d’abord de vaccins trivalents : DTC (Diphtérie Tétanos, Coqueluche) , ROR (Rougeole, Oreillons, Rubéole). Aujourd’hui, on dispose même de vaccins hexavalents protégeant contre 6 maladies (DTC-Polio Inactivé, Hépatite B, Haemophilus Influenzae b)

À partir de 1980

De nombreux progrès

La biotechnologie et le génie génétique permettent de nombreux progrès. Les vaccins modernes peuvent s’appuyer sur la technologie de l’ADN recombinante : on insère un gène d’un virus dans une cellule (de levure, d’animal) pour produire un antigène. Ce procédé a permis le développement du vaccin contre l’hépatite B en 1982. Les progrès en matière de synthèse artificielle et les travaux sur les capsules qui entourent les bactéries conduisent peu après à la mise au point des vaccins contre les pneumocoques, les méningocoques, et l’Hemophilus influenzae de type b, responsables d’infections graves, en particulier des méningites. Ces vaccins contiennent des substances issues de l’enveloppe bactérienne qui déclenchent chez le sujet vacciné une production d’anticorps.

Les papillomavirus terrassés

En 2006, apparait un vaccin contre les papillomavirus humains. Il va permettre de faire disparaître le cancer du col utérin et avec la généralisation de la vaccination à tous les adolescents, garçons et filles, il devrait permettre de prévenir de nombreux cancers ORL et de la sphère génitale.

Un vaccin contre le virus Ebola

Depuis 2019, on dispose d’un vaccin vivant atténué contre le virus Ebola, responsable de terribles épidémies en Guinée et en République Démocratique du Congo (Ex Zaïre).

Les vaccins à ARN messager

Récemment, la pandémie à SARS-COV 2 a accéléré la mise au point de vaccins à ARN messager. L’ARN injecté donne aux cellules du sujet vacciné le mode d’emploi de la fabrication d’antigènes. En simplifiant, on peut dire que le sujet fabrique lui-même les antigènes qui vont provoquer la production des anticorps protecteurs.

Une voie ouverte contre les cancers

Ce type de vaccin ne nécessite pas d’adjuvants, parfois responsables d’effets indésirables mineurs. De plus, il ouvre la voie de vaccins dédiés à la prévention de maladies telles que les cancers et les maladies chroniques.

Katalin Karikó

Il faut souligner l’incroyable persévérance d’une biochimiste hongroise, Katalin Karikó, longtemps méprisée, à l’origine de la mise au point du vaccin à ARN messager.

An mRNA Pioneer Discusses How Her Work Led to the COVID Vaccines -  Scientific American

Un vaccin contre le paludisme

Enfin, il semble qu’après 30 années d’efforts, un vaccin efficace contre le paludisme est sur le point d’être disponible , ce qui représenterait un progrès immense pour la population de beaucoup de pays en voie de développement.

L’immunité de groupe, seul moyen pour éradiquer la maladie Les timbres et la polio
Dr Jean-Philippe ROSE
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